Des conneries dites sur la virtualisation

Toujours sur la virtualisation, donc chiant.

Je lisais dernièrement dans un article du 01Net les choses suivantes :

La virtualisation gagne du terrain :28 % des répondants y recourent,contre 13 % l’an passé. Les bénéfices attendus vont du bien connu(réduction des coûts d’administration, facilitation des opérations demaintenance, de migration, de remplacement, et de la mise en place declasses de stockage) au plus inattendu : économies sur les licences deréplication, mise en concurrence accrue entre fournisseurs, et pratiquede la sur-réservation (thin-provisionning). La virtualisation créeaussi de nouveaux problèmes : fort impact des opérations de montée enversion des moteurs de virtualisation, sollicitation accrue des liensintercommutateurs de la matrice SAN risquant de générer des congestionset/ou des indisponibilités, et enfin, complexité de l’analyse desincidents dans les environnements virtualisés.

C’est la partie en gras qui me fait bondir.
Je ne nie pas que la virtualisation crée de nouveaux problèmes. Mais ceux qui sont cités ne sont pas liés spécifiquement à la virtualisation, mais plutôt à des problèmes d’exploitation, de supervision et d’architecture.

"fort impact des opérations de montée en version des moteurs de virtualisation"
Déjà, ce type d’opération n’est pas fréquent. Vous ne ferez une montée de version majeure de votre solution de virtualisation qu’au mieux tous les deux ou trois ans. En théorie, c’est la même fréquence que la montée de version du système d’exploitation d’un serveur standard.
Si on parle de versions mineure, celles-ci sont moins impactantes que, par exemple,  les service packs windows.
De plus, avec les outils à disposition des solutions type VMware, ces opérations de montée de version, majeure comme mineure, sont au mieux transparentes, au pire aussi impactant que le passage d’un patch Windows.
Une bonne architecture de base comportera au moins deux noeuds (serveurs hôtes) dans un cluster hébergeant vos machines virtuelles. Tous les derniers produits, que ce soit Microsoft (Hyper-V), VMware (vSphere), Citrix (Xen) ou Sun (Virtualbox), permettent de faire des migrations de machines virtuelles,  à chaud, de façon transparente pour les utilisateurs, entre les deux serveurs hôtes. Durant l’opération de montée de version, vous devrez mettre toutes vos machines virtuelles sur un seul noeud – bien évidement, si vous avez respecté les best practices, vous aurez largement les ressources nécessaires pour le faire sur le deuxième noeud – et vous ferez l’opération de montée de version sur l’autre. Jusqu’ici, l’impact sur la disponibilité de vos serveurs virtuels et sur les utilisateur est nul.
On passe ensuite à la partie pouvant avoir un impact. – Bien évidement, comme votre architecture est bien conçue, vous avez sauvegardé auparavant vos machines virtuelles. Chose qui ne doit pas être exceptionnel car devant être fait de façon régulière. – Donc, il faut maintenant migrer vos machines virtuelles sur le serveur hôte qui a monté de version. Au mieux, aucun impact car rien n’est modifié pour la machine virtuelle. Celle-ci n’ayant que des drivers générique, elle ne voit rien de particulier si la façon d’émuler le matériel à changer. De même, si le format de stockage des VMs n’a pas changé, aucun impact. – Ce cas de figure est quand même extrêmement rare. Sur ces sept dernières années, je ne l’ai vu qu’une seule et unique fois. – Par contre, si l’émulation change, les drivers sont à changer dans la machine virtuelle. Avec un produit comme VMware, cela revient à mettre à jour les VMTools, opération largement automatisable, n’impactant pas les applicatifs hébergés sur la machine virtuelle, et qui n’implique au final qu’un redémarrage du serveur virtuel. – Même impact qu’un patch Windows –
Bref, une montée de version de solution de virtualisation demande juste un peu d’organisation. C’est tout. C’est même moins impactant qu’une montée de version de système d’exploitation.

– "sollicitation accrue des liensintercommutateurs de la matrice SAN risquant de générer des congestionset/ou des indisponibilité"
Le commentaire ici est facile, simple et tranchant :
un tel problème ne se produit que si l’architecte qui a pondu la solution de virtualisation est un âne baté qui n’a pas fait correctement son boulot.
Le temps de réponse, de transfert, les taux d’I/Oentre les serveurs hôtes et la partie SAN sont l’un des points les plus regardés quand on conçoit une telle architecture. La recherche de la meilleure performance possible est au coeur de l’architecture.
Et l’idée d’un simple congestionnement des liens est ridicule au regard des possibilités de perte de performances si votre baie SAN est mal taillée en terme de RAID Group et de volumes.
Bref, avec un vrai architecte qui sait ce qu’il fait, les problèmes de ce genre ne se produisent pas.

"complexité de l’analyse desincidents dans les environnements virtualisés"
Là encore, ça va trancher.
Quand on sait utiliser, exploiter et superviser correctement une plateforme de virtualisation, ce n’est pas plus complexe qu’autre chose à analyser en cas de problème.
Si vous supervisez correctement toute la chaine, vous êtes capables de détecter rapidement td’où vient le problème. Comme pour le reste des systèmes informatiques ! Nom d’un chien – ça y est, je m’énerve –  quand on conçoit les choses correctement, quand on met en place les bons outils, les bonnes procédures, avec des gens formés, on réduit les incidents et le temps de traitements des incidents. En clair, quand on fait correctement son travail, ce n’est pas plus complexe que le reste !
Et personnellement, j’ai moins de problème à analyser un incident sur une plateforme de virtualisation q’un incident sur un bon dieu d’AD Microsoft. Et pourtant, je suis compétent sur les deux.

Et donc, merci encore une fois aux journalistes spécialistes dans les petits pois qui pondent des articles mal foutus et plein de lieux communs.
Surtout que c’est ce genre d’articles que lisent des managers incompétents et qu’ils utilsent pour justifier leurs décisions à la noix…

1 réflexion sur « Des conneries dites sur la virtualisation »

  1. Comme il est de + en + courant d’avoir des gens pas forés sur les produits, plus de budgets pour les gadgets que sont les outils d’administration (j’ai entendu cela une fois et je suis resté collé au plafond), il ne faut pas s’étonner que certains ont des raisonnements (si on considère que c’est un raisonnement) faussés.
    @+,
    NicK.

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