Je n’aime pas la SF…

Tel est le constat que je me dois de faire quand je vois le peu d’intérêt que je ressens devant les diverses sorties actuelles du genre en France.
 
Certes, de temps en temps, des petits chefs d’œuvre du genre John Scalzi apparaissent. Certes, des petites collections comme Rivière Blanche, qui publie, entre autres,  P.J. Hérault et Thomas Geha, ou Griffre d’Encre fournissent un peu le type d’histoires que je recherche. Certes, de temps en temps, des grandes maisons d’édition publient des recueils ou des anthologies de grands auteurs, telle la collection Trésors de la SF de Bragelonne, avec particulièrement les Julia Verlanger.
Mais la plupart du temps, je reste totalement indifférent ou, au pire, déçu, par les auteurs publiés par les soi-disant grandes collections de SF en France.
Mais ce n’est pas ma faute… Mon éducation littéraire dans le genre fut assez bizarre.
Si je me souviens que le premier ouvrage de SF&F que j’ai lu fut Le Seigneur des Anneaux, je dois avouer que le second fut Les Robots, de Isaac Asimov. Les suivants furent dans le même genre. Mes parents possédaient – mais depuis, je leur ai volé – une superbe collection d’ouvrages de SF, composée de J’ai Lu, Présence du Futur, Fleuve Noir, ouvrages qui sortaient en masse dans cet Age d’Or de la SF en France. Les Asimov, Vance, Van Vogt, Heinlein et autres grands maîtres anglophones se mélangeaient aux Herault, Verlanger, Legay, Douriaux, Wagner, Dunyach, Ayerdahl, Bordage et autres piliers de la SF française.
Hélas, hélas, hélas…
Au fil des années, les choses ont changées… Les collections qui ne disparurent pas ne renouvelèrent pas suffisamment leur fond ou virèrent hard-science. Le genre de collection dirigées par des gens qui estiment qu’Asimov écrivait comme une patate ou qu’eux seuls détiennent la vérité ultime dans le genre et que les autres ne publient que les rebuts provenant de leurs poubelles. Le genre de collection qui n’attirent plus les lecteurs comme moi… Ce que je qualifierais de lecteurs de base.
Je vois les différents lecteurs de SF (et de Fantasy) comme faisant partie d’une pyramide. Avec chaque lecteur étant à un niveau différent de cette pyramide. La base représente les lecteurs qui souhaitent des histoires simples, point trop complexes, basées sur des personnages. Au fur et à mesure que l’on s’éloigne de cette base, les lecteurs deviennent de plus en plus rares et les lectures qui les intéressent deviennent de plus en plus complexes, faisant appel à des théories et concepts loin d’être maîtrisés et compris par la plupart des gens. Le genre de lectures pour lesquelles il vaut mieux deux ou trois doctorats afin de les apprécier pleinement .
En France, je pense que les différents éditeurs se sont éloignés des lecteurs de base, que les ouvrages qu’ils proposent ne visent plus que ceux qui sont au sommet de la pyramide. Je ne pense pas que ce soit un choix conscient de leur part. Tout du moins, je l’espère. Les directeurs de collection, à force d’être exposés aux nombreux ouvrages disponibles dans les pays anglophones (et autres), ont vu leurs goûts évolués. Leur recherche de nouveautés qui les intéressent (eux les éditeurs)  leur à fait oublier ce que le lecteur de base recherche.
Personnellement, je recherche des histoires avec des personnages, des vrais, pas des espèces de sous-produits résultant de je ne sais quelle absurdité conceptuelle qui les transformeraient en sous-copies dupliqués dans je ne sais quel stockage.
Je hais par exemple toutes les histoires qui font de la Singularité (technologique) une de leurs bases. 
Je m’excuse d’avance pour ma vulgarité dans les propos qui vont suivre. Je m’excuse aussi  pour tous ceux qui croient en cette théorie et qui l’apprécient. Mais cette théorie est complètement débile… Et ne sert que pour les auteurs faiblards qui veulent qu’un évènement "magique" vienne modifier l’Histoire plutôt que d’essayer de trouver par eux même dans leur petite imagination défaillante cet évènement.
Je cherche des histoires qui racontent les différents futurs que l’Humanité pourraient avoir. Des futurs compréhensibles. Des futurs avec des humains, pas des IAs.  Des futurs où l’auteur anticipe le futur, pas un futur basé uniquement sur les théories actuelles, sous prétexte de donner plus de réalisme. Du réalisme ? Bon Dieu, mais c’est de l’imaginaire…
Je cherche des histoires qui suivent un ou deux personnages. Pas 150…
Le parfait exemple de ce que je ne recherche pas, c’est une saga qui va sortir dans peu de temps chez Bragelonne. Une saga de David Weber, auteur que j’apprécie énormément, notamment pour sa série Honor Harrington, mais auteur qui, à mon humble avis merdique, se perd désormais. Il se perd dans des intrigues interminables. Il multiplie les personnages… Il se perd dans des détails. Certes, cela approfondit considérablement son histoire, son Univers. Mais à force, le lecteur se perd. S’ennuie. Ne voit pas l’histoire évoluer. Et c’est le problème principal avec cette saga. Car il s’agit de l’histoire d’une planète abritant les derniers humains, l’Humanité ayant été anéantie par des aliens. Ces derniers humains doivent, à terme, reconquérir leur place dans l’Univers. Mais à la vue des trois premiers tomes, je peux vous dire que l’on est même pas près de voir le premier habitant de cette planète quitter son orbite… (Vous le comprendrez, je ne recommande pas la lecture de Cap sur l’Armageddon, qui devrait sortir en 2010…)
Je me souviens d’une des définitions de la SF qui m’a été donnée un jour et qui, de plus en plus, me semble juste : la SF est une littérature de frustrés.
 
Le principal problème des éditeurs français spécialisés dans la SF, c’est qu’ils ne cherchent pas à élargir la base des lecteurs. Alors que plus la base est large, plus les autres niveaux seront larges. Et plus ils feront de ventes… Ils essayent juste de vendre des ouvrages qui ne conviennent pas à la majorité des lecteurs…
Donnez-nous plus d’auteurs comme David Gunn… Comme John Scalzi. Donnez-nous des auteurs que l’on peut lire pour se détendre. Pour passer un bon moment… Pas des auteurs où l’on ne comprend rien et où on s’endort au bout de 10 pages…
 
 
Et j’ajouterais une chose… En France, on se fait chier comme des rats morts lors des congrés de SF comme les Utopiales. Congré qui se tient fin Octobre / début Novembre, avec un temps de chiottes, dans la Cité des Congrès de Nantes, zone symbole, à mon sens, de l’horreur architecturale et du bétonnage massif…
Alors que pour les festivals de Fantasy, type les Imaginales, on est dans un parc, lors des beaux jours. Et on se fait un peu moins chier, parce que l’on peut bouquiner à l’ombre sous un arbre, discuter au soleil au bord d’une rivière ou encore, choper des coups de soleil à la terrasse des restaurants.
 
 Je n’aime pas la SF… Sérieux…

2 réflexions sur « Je n’aime pas la SF… »

  1. A la limite, tente la SF jeunesse, c’est plus varié et, au moins, c’est lisible.
    Ouais, je sais, c’est un peu extrême comme conseil, mais bon… les derniers bouquins SF que j’ai lus étaient en jeunesse, en litté adulte, j’en trouve de moins en moins.

  2. Même si je ne partage pas l’intégralité de ton coup de gueule, je trouve aussi que la pure SF d’aventures manque à nos rayons. Mais écrire de la pure aventure est souvent suspect et peu et peu apprécié des éditeurs.
    En tant que romancier, je sais que c’est ça qui m’éclate, pourtant. Chez Rivière Blanche Philippe Ward me laisse faire ça. Après, il n’a pas la puissance financière d’un Brage ou Milady, ou d’un Mnémos, mais il aime profondément ce genre de livres.
    En tant que nouvelliste, j’ai pas du tout la même approche, par contre. Je trouve que la nouvelle est beaucoup plus un territoire d’expérimentations que le roman^^

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