Kitano par Kitano

Bon, je n’arrive décidement pas à avancer sur le vrai truc que je veux faire ici… Je n’arrive pas à y mettre suffisamement de temps et de sérieux, bref, à travailler réellement dessus comme je travaillerais sur un projet au boulot…

Donc, je vais parler d’un bouquin que je viens de lire, et, qui, chose incroyable, n’est pas du domaine de la SFFF. Il s’agit d’une biographie, ou tout du moins un semblant. J’aime beaucoup les biographies, auto ou non. Car souvent, elles nous dévoilent les petits détails qui rendent humains des figures plus ou moins célèbres, ayant eu un rôle dans l’Histoire. – Oui, je ne m’intéresse qu’à ceux qui ont eu un impact sur l’Histoire, ou que j’admire vraiment. – – Ahhh, la biographie du Général à travers l’autobiographie de l’Amiral… –
D’ailleurs, je peux rapprocher cet amour de la biographie de personnages historiques de mon amour de la SFFF. En effet, dans les deux cas, nous voyons souvent l’Histoire s’écrire. – Bon, certes, l’une d’entre elle purement imaginaire. – Et puis, pour la SFFF, c’est dans les débuts d’histoire, quand le héros est en train de labourer un champs, d’égorger un poulet ou en train de distiller du ruhm de Betelguese II, avant qu’il prenne les armes et aille sauver le monde, que je trouve que le héros prend réellemment toute sa dimension. – Oui, je sais, plein de gens n’aiment pas ce genre de début. –
Et puis, ça satisfait un peu un je ne sais quoi d’instinct voyeur.

Revenons-en au livre.
Il s’agit donc de Kitano par Kitano, ouvrage de Michel Temman fait sur la bases d’entretiens qu’il a eu avec Takeshi Kitano, monstre sacré du Japon, plus connu comme réalisateur et acteur dans notre belle contrée.
Il faut bien l’avouer, dès l’avant-propos, on est déçu. Car ce n’est pas Kitano raconté par Kitano. C’est Kitano, répondant plus ou moins à un journaliste, à travers un interprête. Oui, il y a un interprête entre le journaliste, vivant pourtant au Japon depuis quelques années, et Takeshi Kitano. Et il ne semble pas y avoir de réelle complicité dans les échanges.
Les entretiens, une quarantaine, ont eu lieu pendant plusieurs années. De 2004 à 2009 si je crois me rappeler, mal, tellement la médiocrité de cet ouvrage me le fait oublier rapidement.
La structure même du livre est bancale – mais peut-on parler de structure dans cette chose ? –. Elle hésite entre une retranscription des entretiens et des sortes de dossiers, sur les émissions, les films, les peintures de Kitano.
Que trouve-t-on dans cet ouvrage :
– Une partie sur l’enfance de Kitano, mélange de jeune voyou et d’élève doué en mathématique et en sciences, voulant devenir ingénieur chez Honda, qui plaque tout un jour pour aller vivre dans le quartier artistique de Tokyo. Enfin, c’ets ce que l’on croit comprendre tellement tout est confus, mélangé, avec nombre de retours arrières…
– Une partie sur sa percée dans le monde artitisque en temps que comique en duo, sur ses maîtres, sur sa percée dans le monde de la télévision.
– Une partie sur sa vie télévisuelle, sur l’extraordinaire diversité d’émissions qu’il présente. Avec, moment de génie du livre, une analyse très intéressante du milieu de la télévision japonaise, sur ses dérives, sur ses manques et sur une sorte de censure étonnante pour un pays démocratique.
– une partie sur ses films. Partie peut être la plus aboutie, car la plus parlante pour les français, qui connaissent surtout Takeshi Kitano à travers le Septième Art.
– Des parties sur tout et sur rien, sur son accident, sa vision de la politique, des yakuzas, de ses actions pour aider l’Afrique.

Que dire de plus ? Que cet ouvrage ne tient pas ses promesses. Qu’il est bien léger pour une biographie sur un homme qui, chaque semaine, est dans sept à huit émissions à la télévision japonaise, avec des taux d’audiences qui feraient pleurer de jalousie n’importe quel présentateur français.
Que l’on voit clairement que Kitano ne se livre pas à ce journaliste. Qu’il n’y a rien dans ce livre pour le rendre plus humain, plus accessible.

Kitano par Kitano
Takeshi Kitano et Michel Temman

 

 

329 pages
Editions Grasset
20.90 €

Franchement, préférez donc aller à l’exposition et rétrospective "Beat Takeshi Kitano gosse de peintre" à la Fondation Cartier pour l’art contemporain jusqu’au 12 septembre 2010.

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