Le manque de sommeil provoque des réflexions graves

Réalités alternatives, multiverses, mondes parallèles… Concepts ô combien tentants… Concepts sur lesquels nous pouvons délirer comme des malades.
Et c’est ce que j’ai fait dernièrement, en m’écrasant de fatigue sur un lit, dans une chambre, à Epinal, en plein milieu de l’après-midi.
Rien de tel pour la réflexion, pour l’agitation des neurones, que cet espèce de semi-coma qui précède le sommeil. – Bon, ok, après, ce n’est sans doute pas étonnant que j’ai des problèmes pour dormir. – Les meilleures idées fleurissent toujours dans ces moments-là. Quand l’esprit prend le dessus sur le corps épuisé. Quand l’inconscient prend le dessus sur le conscient.
Pourquoi ai-je pensé à la théorie du Multiverse à ce moment-là ? Je ne sais plus. Ou je ne sais que trop… J’ai encore du me demander si, en admettant que les univers multiples existent, il existait quelque part un Moi moins pathétique et lamentable. Un Moi qui aurait «mieux» réussi sa vie. – Pas bien dur…- Si un autre Moi avait une vie pire que la mienne. – Pas si dur que ça. –
Car la théorie des univers parallèles nous dit qu’à chaque décision que nous prenons, chaque choix que nous faisons, un univers parallèle se crée. On peut aussi faire pire. Pour chaque atome, quark ou autre particule élémentaire passant d’un état ou un autre, rencontrant ou ne rencontrant pas telle ou telle particule, un nouvel univers se crée aussi. Une infinité d’univers créée à chaque instant.
Une infinité de Moi, plus ou moins différents. Différent d’un simple atome. Différent complètement.

Un Moi qui serait encore au Canada, encore à bosser dans le milieu si particulier dans lequel j’étais, à gagner encore plus, et marié et père de 2.5 enfants. Un Moi qui aurait su comment se comporter avec le bout de chou de 3 ans que sa chère et tendre de l’époque avait eu d’une précédente relation. Et qui lui en aurait fait d’autres. Un Moi honnête père de famille. – Je serais presque jaloux de moi là. -

Un Moi qui serait aujourd’hui en prison, pour un double homicide : celui de celle qu’il aimait et de son meilleur ami, pris en flagrant délit au lit.
Un Moi, obligé de flinguer mon premier amour devenue zombie… Ou même l’inverse. Mon premier amour obligé de Me buter parce que j’aurais été contaminé et zombiéfié… Ou alors Moi, en train de me faire bouffer par ma chère et tendre, devenue zombie. – Et là, une scène horrible me vient à l’esprit… –
Un Moi, intelligent lui, qui découvrirait comment passer d’un univers à l’autre. Une infinité de Moi capable de faire ça en vérité. Et parmi ceux-là, une autre infinité – une infinité dans une infinité, ça devient complètement dingue… – de Moi qui décide d’éliminer les autres dans les univers parallèles. Pour une raison X ou Y complètement stupide. Jalousie, mettre fin aux souffrances, «There can be only one»…

Et là, j’attends… J’attends qu’un de ces autres Moi débarque de son Univers. Qu’il vienne m’éliminer.  Que cet immonde fumier m’égorge, m’étripe, me flingue, me pulvérise. – et la moitié de Paris en même temps avec une petite bombe nucléaire portable. Ben oui, j’ai bien un double quelque part, capable de voyager entre les Univers, et qui a suffisamment peu de scrupules pour m’éliminer de cette manière. –
J’attends…
Mais qu’il vienne vite… Parce que je déteste quand je suis en retard. Et parce que s’il tarde trop, je risque peut être moi aussi de pouvoir un jour voyager de réalités en réalités. Et là, j’avoue, je n’hésiterais pas à me mettre en chasse.

J’attends… Comme un con sans doute. Parce que si on y réfléchit bien, on ne peut pas de façon simple s’éliminer d’un univers parallèle. Car, à chaque fois que je tente de M’éliminer, je crée en vérité de nouvelles versions de moi-même. Une version qui réussit sans problème à m’éliminer, une autre qui en ressort avec une cicatrice, une version de moi qui tue son assaillant, etc, etc, etc… A chaque tentative d’élimination, je crée une nouvelle infinité d’univers parallèles…
Et donc, la solution, c’est la plus radicale. C’est d’éliminer tous les univers à la fois. Tous. Y compris celui d’origine du Moi qui serait le Destructeur du Multivers. Celui qui trouverait l’inverse d’un éventuel «Que la Lumière soit.». Qui effacerait d’une seule fois l’intégralité de la Création.
Mais si le Multivers existait vraiment, il devrait exister un univers où j’ai la capacité de le faire. Déjà. Or, nous existons encore. Donc, le Multivers n’existe pas.

Heureusement pour vous. Victimes collatérales de ma folie. Tout comme je pourrais être victime de la vôtre. Parce que ce raisonnement pourrait aussi se tenir pour Vous. Et même pire. Si les mondes parallèles existaient, il y en aurait forcément où vous chercheriez à m’éliminer. Pour des raisons X ou Y tout à fait valables. Pour votre survie. Pour celle de l’Humanité. «Just for fun»…
D’ailleurs, qui ne dit pas qu’il y a un Vous passant de dimensions en dimensions pour me chasser…
C’est une bonne raison – supplémentaire – pour tous vous exterminer…

Faudrait peut être que je dorme…

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