L’ebook, c’est pas encore ça…

J’avais envie de commencer l’année en bitchant un coup, au choix, sur la Poste, la crise et certaines banques, ou sur le Nabot en Chef. Et puis je me suis dit que ça peut attendre encore un peu, qu’on en entend parler tous les jours, qu’on s’en fout, etc etc…

Je vais donc parler eBook en général et Sony Reader en particulier, vu que j’en ai désormais un pour faire joujou. – Ouais… J’ai encore craqué pour un gadget à la con… –

L’eBook est un sujet qui ressurgit de façon régulière un peu partout, qui fait son petit buzz, qui fait plouf et retombe dans l’oubli depuis une dizaine d’années. J’ai commencé à m’intéresser à ce sujet au tournant du siècle, lors d’un stage pour une maison d’édition qui se montait. Comme on était encore à l’époque en plein dans la bulle Internet et que les dirigeants avaient compris que le futur passait par le web, ils voulaient un site web où l’on puisse acheter leurs ouvrages en ligne et étudiaient fortement le concept d’ebooks. Ce qui tombait bien vu que cette année là, le Salon du Livre de Paris consacrait un espace à ce phénomène. Bien évidement, vu la tête des lecteurs, les problèmes de format, de protection, de distribution, l’idée avait vite été mise au placard.
Quelques années après, le Salon du Livre avait de nouveau consacré un espace à l’ebook et l’édition numérique. A ma grande surprise, j’ai été obligé de constater qu’il n’y avait eu que bien peu d’évolution… Les problèmes sont toujours les mêmes, si ce n’est que les readers sont plus petits et un poil plus technologiquement évolués, mais pas de beaucoup.

Pourquoi donc, alors que je ne suis pas encore convaincu par l’ebook, en ai-je donc acheté un ? Pour des raisons très connes. Un gain de place dans mon bordel, mes étagères saturant entre les piles à lire et les piles lues. – Ouais bon, y a encore plein de place mais c’est un souk monstre en ce moment… – Des petits ennuis avec La Poste. Le service public n’étant plus ce qu’il était, dépendant d’un bureau de poste géré par un tas de branques, j’évite de plus en plus de tenter de recevoir des colis à la maison. Parce que j’en ai vu un fonctionner et qu’il n’avait pas l’air mal. Parce le Sony Reader débarquait « officiellement » en France. Et surtout… Parce que je suis un gros geek.

J’ai donc acheté un Sony Reader PRS-505. – Que j’ai reçu par La Poste. Fort heureusement, c’était ce jour là le livreur compétent, qui sait ouvrir une porte, qui sait sonner, qui est aimable et qui doit être un prestataire payé par La Poste pour faire les livraisons de colis à la place des facteurs. Je me souviendrais toujours d’un incompétent à un guichet de mon bureau maudit qui m’a sorti « Monsieur, Colissimo, ce n’est pas La Poste ». Heureusement, effectivement, les livreurs ne doivent plus être employés directement par cette entreprise publique obsolète et moribonde, et qui… Bref, ce sera pour un autre sujet. –

Premier point : la bête au niveau hardware.
Bon… OK… C’est très loin d’être une bête de course justement… C’est très long au démarrage quand l’appareil a été éteint. Certes, il est possible de seulement le mettre en veille, mais bon… l’appareil consomme quand même un peu dans ce mode et vous risquez de vous retrouver sans batterie…
Niveau « gadget », il est possible de mettre des cartes SD, ce qui compense les « seulement » 256 Mo de mémoire. Enfin… Vu la taille des ouvrages, avec 256 Mo, vous avez de quoi faire.
Le Reader a aussi la possibilité de lire de la musique. Fonction hautement gadget et consommatrice… Cela vient de cette manie de rassembler au sein du même appareil le plus de chose possible, en fournissant quantité de fonctions d’une qualité médiocre.
J’ai vu un test qui reprochait au Reader de manquer d’une connexion Wifi. Là, je me dois de me fendre d’un « Mais putain on en a rien à foutre d’une connexion wifi sur un putain de Reader ! » Nan mais… Ce n’est pas une console, ce n’est pas un portable, ce n’est pas fait pour aller sur le web, et puis, merde, on a déjà assez d’appareil qui balancent des ondes à tout va… Et se bouger le postérieur de temps en temps pour connecter le Reader à votre ordinateur vous évitera de l’accuser de votre tendance à ressembler à un gros tas américain.
L’affichage est honnête, suffisamment clair.
Le manque de puissance est largement compensée par l’autonomie promise du Reader, à savoir l’affichage de 7000 pages.

Deuxième point : logiciel du Reader.
Rien à redire. C’est simple d’utilisation, les menus sont clairs et compréhensibles. Le seul reproche que je fais est que la fonction pour arrêter le Reader (par défaut, jouer avec l’interrupteur le met en veille) est cachée dans deux / trois sous-menus.
L’affichage d’images est juste très lent, dû à la faible puissance de l’appareil.

Troisième point : ebooks, catalogues disponibles et transfert sur le Reader.
Le bundle fourni avec le reader en France comprend le logiciel Sony "eBook Library" et "Adobe Digital Editions". Le "eBook Library" permet de gérer les ebooks au format Sony et le "Adobe Digital Editions" ceux au format Adode. Ces deux formats sont bien évidement des formats protégés par DRM.
Le « eBook Library » est présenté comme une sorte de sous-iTunes pour les eBooks. Vous pouvez à partir de ce logiciel transférer des eBooks, des images, de la musique à destination du Reader. Et surtout, vous pouvez accéder, normalement, à une boutique pour acheter des livres. C’est là tout le problème. Sur la version française du logiciel, la boutique vous redirige vers Fnac.com. (Je reviendrais sur ce site un peu plus loin) Qui ne propose pas de livres au format Sony, mais au format ePUB, le format d’Adobe.
Si vous n’êtes pas un veau complet, vous vous dîtes "Et si je téléchargeais la version américaine du logiciel, histoire de profiter du large catalogue disponible sur la boutique Sony".
Malheureusement :
– Il faut faire croire à votre ordinateur qu’il est basé aux US, rien que pour installer le logiciel.
– Au moment de payer, vous vous rendez compte que seuls les résidents US et Canadiens ont le droit de payer…
(En passant, je ne recommande pas la boutique Sony à cause de ce que je considère comme un gros problème de sécurité : il faut obligatoirement enregistrer une carte. Pas de possibilité d’en préciser une juste pour une transaction.)
Bien évidement, vu qu’il y a des DRM, il faut enregistrer ET votre ordinateur ET votre Reader pour pouvoir transférer les livres…
Vous avez l’autre option "Adobe Digital Editions". C’est le logiciel qui vous permet de récupérer des livres au format ePUB et de les transférer sur votre Reader. C’est le format disponible sur Fnac.com. Dommage que sur cette boutique, le catalogue de livres soit encore beaucoup trop restreint.
Ce format est aussi disponible sur un certain nombre de boutiques sur le net. Genre Waterstone.com et autres. Qui eux acceptent les clients étrangers. J’ai pris un bouquin chez Waterstone, et un autre chez ebooks.com.
Ca fonctionne de façon un peu bizarre. Tu télécharges un petit fichier qui va aller enregistrer le livre dans l’application Adobe, qui va alors télécharger le livre. Qui pourra alors être transférer dans le Reader.
Pour le logiciel Adobe, il faut aussi bien évidement enregistrer son Reader et son ordinateur, question de DRM…

Bref… C’est pas vraiment facile d’acheter des ebooks, surtout que les catalogues ne sont pas encore exceptionnels…

Sinon, j’ai testé un .txt tout con, et ça marche nickel aussi. Un pdf tout bête, faut que je teste.

Bref…
C’est encore très loin d’être prêt pour une démocratisation de ce type d’appareil. Les prix sont assez peu encourageants… 1$ de différence entre un mass-paperback  et sa contrepartie électronique… Sur le grand format, si je regarde le dernier Jacqueline Carey – Kushiel’s Mercy – il est disponible à 17$ et des brouettes sur Amazon et 15$ et d’autres brouettes sur un site de vente d’ebook. La différence n’est pas extraordinaire. Surtout quand on se rappelle que l’un des arguments principaux utilisés à une époque pour justifier la hausse du prix des livres était que le papier coûtait de plus en plus cher…
Ca fait une dizaine d’années qu’on parle d’ebooks et franchement, il n’y a que très peu de progrès… Les liseuses sont là, les catalogues ne le sont toujours pas… Et les méthodes d’achat et les prix sont une très grosse incitation au piratage… A terme, il est fort possible que le milieu de l’édition se retrouve dans la même situation que le milieu de la musique. A savoir un dinosaure qui n’a pas su s’adapter aux changements et mutations qu’apporte Internet et les nouveaux formats électroniques…

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