Mettons au travail ces fainéants de cadres

Tel est l’un des principaux points que nous pourrions retenir de la réforme du travail qui est en train d’être examinée actuellement à l’Assemblée Nationale.

Mais tout d’abord, qu’est ce qu’un cadre ? (Définition empruntée ici)
La direction des relations du travail a émis une circulaire DRT n° 06 du 14 Avril 2003 comportant 11 fiches techniques en application de la loi n° 2003-47 du 17/1/2003 et du décret du 20 mars 2003 dont la fiche n°6 relative à la définition des cadres.Il y a trois catégories de cadres : – Les "cadres-dirigeants" ce sont "les cadres auxquels sont confiés des responsabilités dont l’importance implique une grande indépendance dans l’organisation de leur emploi du temps , qui sont habilités à prendre des décisions de façon largement autonome et qui perçoivent une rémunération se situant dans les niveaux les plus élevés des systèmes de rémunération pratiqués dans l’entreprise ou leur établissement) Ils relèvent de l’article L 212-15-1 du Code du travail .Cette disposition exclut les cadres dit "supérieurs" et ne vise que les salariés qui représentent effectivement l’employeur.Les" cadres dirigeants" ne bénéficient que des dispositions relatives aux congés annuels, aux congés maternité ou pour événements familiaux, aux congés non rémunérés et au compte épargne -temps.  – Les cadres dit "intégrés" occupés selon l’horaire collectif de travail applicable au sein de" l’unité de travail à laquelle ils sont intégrés et "pour lesquels la durée de leur temps de travail peut-être prédéterminée". Ils peuvent en différentes occasions arriver un avant le reste des membres de l’atelier ou du service ou partir un peu plus tard mais l’horaire collectif garde son rôle structurant dans le rythme de travail de ces cadres.Ces salariés bénéficient en principe de l’ensemble des dispositions relatives à la durée du travail (durée légale, heures supplémentaires, durées maximales, repos compensateur) Ils sont soumis à l’article L 212-15-2 du Code du travail.Toutefois, sous certaines conditions, ces cadres peuvent se voir proposer une convention de forfait en heures sur une base hebdomadaire ou mensuelle – les autres cadres dits "autonomes " par la circulaire DRT n° 6 du 14 Avril 2003 sont ceux qui ne sont ni occupés selon un horaire collectif de travail , ni dirigeants : ils relèvent de l’article L 212-15- 3 du Code du travail et peuvent se voir proposer , sous certaines conditions , des conventions de forfait en heures sur une base hebdomadaire , mensuelle ou annuelle ainsi que des conventions de forfait en jours sur une base annuelle.

Dans la réalité, un cadre est un peu un employé corvéable à merci. La notion d’heures supplémentaires n’est que très vague pour lui. Dans la pratique, il peut très bien faire des journées de 13 heures, sans aucune compensation financière. Il peut aussi ne travailler qu’une heure dans la journée… Mais a-t-on déjà vu un cadre ne travailler qu’une heure (même après  quatre journées de 13 heures d’affilée) et conserver son emploi ?
La seule règle qui devrait être respectée (mais qui ne l’est pas forcément), c’est le droit du travail qui la fixe en indiquant que deux journée de travail doivent être séparées par 11 heures de repos minimum.
Bien évidement, on n’oublie facilement les cadres qui, à cause de leurs métiers, doivent faire des astreintes, des opérations spécifiques en dehors des heures ouvrées. On oublie aussi qu’aujourd’hui, avec les téléphones portables, les téléphones recevant les emails, un cadre est quasiment disponible 24/7…

Mais laissons cela de côté, puisqu’apparemment, en France, il faut considérer que le cadre est un gros con surpayé et sur-avantagé.

Cette nuit, un texte est passé à l’Assemblée nationale. Un texte… Enfin, un amendement pour être plus exact. Qui fixe désormais la durée du forfait annuel pour les cadres à 235 jours au lieu de 218 jours.
Qu’est ce que ça veut dire ? C’est simple, le cadre a vu sa durée de travail annualisée car il était très difficile de comptabiliser ses heures de travail. Donc, le cadre doit 218 jours de travail  à son employeur. Ce qui reste en gros après 25 jours de congés, tous les jours fériés, les week-ends (où quelques fois le cadre bosse… Le nombre de gens qui travaillent en plus le samedi est de plus en plus important…) et environ 10 jours de RTT.
235 jours, cela correspondra à 25 jours de congés, les week-ends et un jour férié. Et encore… Sans cet amendement, le cadre pouvait travailler jusqu’à 284 jours par an…

Comment dire ? Le cadre est apparemment un chien corvéable à merci aux yeux de nos très chers gouvernants… Vous savez, les grosses baudruches qui ronflent sur les bancs de l’Assemblée Nationale ou du Sénat, les rares jours où elles daignent se rendre dans l’hémicycle… Vous savez, l’espèce de faux-cul qui nous sert de Ministre du Travail qui nous assure que tout se jouera en négociation entre prises par entreprises, au mieux pour le salarié – Et mon cul c’est du poulet, tocard… Les conditions de négociations et d’applications sont telles que tous les cadres vont se faire baiser… – Et enfin, notre très cher Président, toujours à droite ou à gauche, mais jamais dans son pays ni à son bureau, adepte du travailler plus pour gagner plus… Même salaire, même stress,  temps de travail allongé, temps de récupération diminué, pour moi, c’est travailler plus pour gagner moins…

Et là, je vois trois options :
1- Les débiles qui nos gouvernent (ou tout du moins essayent de faire croire que) réalisent leur connerie, et reviennent au XXIème siècle…
2- Contre ma religion, contre mes convictions, contre tout ce en quoi je crois, je me syndique.
3- Je me rebarre à l’étranger, pour gagner plus en travaillant autant et en étant moins taxé…

PS : Mention spéciale à l’opposition absente et aux syndicats endormis (à part la CFE-CGC)… Et oui, les cadres, c’est des vaches à lait qu’il faut presser un peu plus.

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