Un cyborg chez les Elfes

Une fois n’est pas coutume, je vais faire une critique de bouquin. – ça ne sera jamais que la troisième ou quatrième sur ce blog, tellement je hais cet exercice – De plus, je vais parler d’un livre que je n’ai pas encore fini. Et que je ne finirais sans doute pas tellement je rame et je me fais chier en le lisant.

Le livre en question est Keeping it real (Quantum Gravity book 1) de Justina Robson.
Le pitch de départ est sympathique :
En 2015, un LHC – Grand Collisionneur de Hadrons, vous savez, le même genre de truc qui se trouve sous terre entre la France et la Suisse et dont on disait qu’il allait provoquer la fin du monde lors de sa mise en service –, situé au Texas, explose et déchire la fabrique de l’espace-temps (Quantum Bomb), révélant que la Terre va devoir désormais cohabiter avec d’autres dimensions. Ces dimensions sont peuplées d’êtres qui jusqu’ici étaient purement imaginaires, à savoir, les elfes (Alfheim), les démons (Demonia), les élémentaux (Zoomenon), les fées (Faery), chacun dans sa petite dimension bien à lui. Se rajoute à cela une dimension liée à la Mort (Thanatopia), aux conditions d’accès spécifiques. La Terre, elle, se retrouve baptisée Otopia.
L’agent Lila Black fut torturée et presque tuée lors d’une mission diplomatique chez les elfes. Aujourd’hui (2021), c’est une cyborg avec un gentil petit tokamak comme source d’alimentation. Et elle doit protéger Zal, chanteur du groupe No-Shows, et accessoirement elfe, d’une bande d’extrémistes qui veulent le tuer. Autant dire que l’agent Black n’est pas vraiment ravie de cette mission. Surtout quand elle se retrouve coincée dans un Jeu – sorte de pari avec des conséquences imprévisibles initié par la magie sauvage – avec la Rock Star, qui ne correspond pas vraiment aux stéréotypes elfes. Et que celui-ci semble être au centre d’évènements plus importants qui amèneront Lila à retourner à Alfheim et à se confronter avec d’anciens ennemis.

Même si il est écrit en gros sur la couverture que cet ouvrage doit être rangé dans la catégorie Science-Fiction, il faut bien comprendre que c’est de l’Urban Fantasy. Avec un peu de SF. – Cyborg et pilotage de moto par "IA" –

Si le pitch est sympa, le livre l’est beaucoup moins. Tout d’abord, au lieu de nous présenter l’univers au fur et à mesure de l’histoire, nous avons droit à un gentil prologue qui nous explique la Quantum Bomb et la répartition des différents univers.
Ensuite, l’héroine est … au mieux bizarre… Son rapport avec les elfes est totalement incompréhensible tant il n’y a pas trace de traumatisme suite à ce quelle a subit dans leurs mains. Voire même plus quand on voit l’évolution de sa relation avec son tortionnaire dans la seconde partie de l’ouvrage. De même, sa condition de cyborg semble plus être nécessaire à l’auteur pour que l’héroïne puisse disposer d’outils pour se sortir des situations dans lesquelles elle va se retrouver qu’autre chose…
Enfin… Des elfes… Des saloperies d’elfes partout !!!! Et à part Zal qui sort un peu du moule, on a franchement le droit au stéréotype de ces saloperies aux grandes oreilles, au charme ravageur, magiciens, amis de la nature et tout le tremblement…
Si les fées et les démons semblent être des personnages intéressants, les élementaux assez originaux, les elfes sont… des elfes… A force, on va finir par croire que les elfes sont des super-nazis de la fantasy tellement ils sont partout, grands, beaux, intelligents, puissants, faisant mouiller toutes les femelles y compris les cyborgs…

L’histoire, elle, une fois que l’on s’est adapté à ce nouvel univers, est fade, classique, convenue. L’action y est mal menée, les personnages souvent fades, leurs relations incompréhensibles…
La partie SF est des plus réduites… Cyborg, Internet en implant cranien, motos et maison avec "IA"…Mais rien de fondamentalement différent dans le quotidien décrit dans cet ouvrage.
Le concept de Jeu est sur-utilisé pour expliquer l’évolution des relations des personnages, pour justifier des comportements qui sont contraires à ce qu’ils devraient être.
Que dire de l’espèce d’Alien qui traine dans la faune de la dimension elfique…

Seul point positif pour le moment : y a pas de vampires et l’héroine  ne couche pas avec.

Bref, je suis franchement déçu par ce livre. Tellement qu’en une semaine, j’ai du en lire 20 pages. Je n’avais pas autant lutté sur un livre depuis le tome 3 des Runelords de David Farland…
Et j’avoue que je vais sans doute ne pas le finir. Je hais faire ça mais…

Un jour en France ? J’espère franchement que non.
Y a mieux en Urban Fantasy avec un brin de SF et des dimensions parallèles. Et sans elfes. – Genre The Better part of Darkness dont je parlerais peut être ici à un moment donné –

4 réflexions sur « Un cyborg chez les Elfes »

  1. Pour les Runelords, j’ai trouvé qu’il y avait d’excellentes idées. Mais le fait que les personnages deviennent vite über-puissants m’a complètement tué.

  2. Oups, je viens de me souvenir comment j’ai eu l’idée de lire ce bouquin initialement… Il sortira bien en France et je sais chez qui…

    Et l’un des reproches que je trouve après coup à ce livre, c’est que l’héroine n’a pas de vie contrairement à la grande majorité du reste des héroines d’Urban Fantasy.

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