Unlucky Puke, la complète

Il faut se rendre à l’évidence, le cinéma français souffre et agonise. C’est à cette unique conclusion que nous pouvons aboutir en ressortant du visonnage de Lucky Luke, l’adaptation de James Huth, avec Jean Dujardin dans le rôle titre, de la célèbre bande dessinée.
Il faut dire qu’en matière d’adaptation de bandes dessinées en films, il est difficile de faire mieux que les américains et qu’Alain Chabat, pour la France.
Chabat, avec son Astérix et Cléopatre, a, en effet, traumatisé le petit monde du 8ème Art français en s’assurant d’un succès phénoménal, avec l’adaptation réussie et moderne, d’un des plus grand classiques du 9ème Art. Depuis, nombre de cinéastes ont essayé de faire aussi bien et sont allés droit dans le mur.

Tout d’abord, il faut rendre à César ce qui est à César et se rappeler qu’il ne s’agit pas de la première adaptation de Lucky Luke. Terrence Hill s’y était essayé en 1991, en temps que réalisateur et rôle principal. Aimant beaucoup Terrence Hill, cette version me reste encore en mémoire comme une adaptation amusante. Evidement, Terrence Hill n’a pas vraiment le physique, mais est-ce important ? Non. Cette version était sans prétention, un vrai divertissement comme cet acteur / réalisateur sait si bien le faire.

Revenons-en à la version de James Huth. Celui-ci a déjà précédemment travaillé avec Jean Dujardin pour Brice de Nice, comédie sans intérêt, transposition au cinéma d’un personnage d’un Dujardin plus connu à l’époque pour des sketchs que pour ses talents d’acteur.
Cette version a de nombreux défauts. Très nombreux. Trop nombreux.
Tout d’abord, elle veut jouer dans tous les registres : comique, parodique, dramatique, noir, etc, etc, etc… Ce qui donne au film un mélange inégal, dans lequel le spectateur n’arrive pas à se situer.
Le côté comique repose sur des gags lourds, idiots, voir carrément stupides. Telle la scène durant laquelle Belle, jouée par Alexandra Lamy, raconte son rêve à Lucky Luke. Celui-ci lui colle alors un pain monumental, sous prétexte qu’il s’agit d’une tradition familiale pour souhaiter qu’un rêve se réalise. Et de lui en recoller un deuxième parce que ça se fait pas de dire Merci.
Dans un pays qui lutte contre la violence conjugale, je trouve ça assez malvenu. Carrément déplacé même car j’estime qu’on ne frappe pas une femme, même avec une rose. – Sauf si elle est en train de vous menacer avec une arme, mais ceci est une autre histoire. –
Le côté parodique peut s’apercevoir à travers des petits détails comme le fait que le six-coups de Lucky Luke tire avec la cadence d’une kalashnikov, avec la même cadence et le même nombre de munitions. Ce côté ressort aussi à travers les décors horribles qui doivent donner vie à Daisy Town… Fruits sans doute d’un esprit sous acide, ces décors sont ce qui peut se faire de pire en matière cinématographique…

Côté scénario, que du classique, du convenu, du prévisible. Sans âme, sans rien quoi… Et surtout, sans les Dalton… Un Lucky Luke sans eux, c’est comme… essayer de respirer sur une planète sans atmosphère.
 
On peut continuer ainsi longtemps à trouver les défauts, mais je vais abréger, pour finir sur ce qui est sans doute le plus gros d’entre eux : les acteurs.
Enfin, peut-on appeler cela des acteurs tant ils sont pitoyables, surjouant comme des pieds…
Jean Dujardin nous fait ici une compilation de tous ses plus mauvais rôles… Une mou à la con, un rire à la OSS 117, etc… Jean Dujardin, l’acteur qui compte actuellement en France, mais qui ne sait pas se renouveler et qui lasse… Vivement qu’il redescende de son piédestal- à grands coups de pompes dans le postérieur – pour comprendre qu’il doit s’améliorer fortement.
Melvil Poupaud est un Jesse James ridicule, Michaël Youn un Billy the Kid pathétique, Alexandra Lamy une Belle godiche et sans âme.
Daniel Prévost est égal à lui-même, toujours dans le même trip, et, là aussi, lassant de banalité dans son registre habituel.
Seule actrice qui s’en sort, et seul point positif du film : Sylvie Testud qui joue une Calamity Jane humaine et on ne peut plus réelle. Un jeu d’une justesse extraordinaire quand on voit le massacre réalisé à côté.

Bref, il faut bien comprendre : Lucky Luke n’est pas une film à aller voir au cinéma. Vous avez mieux à faire de 10€. Ce film n’est pas à pirater non plus. Vous n’avez pas de bande passante à gaspiller pour cette bouse. Et surtout, surtout, il est ridicule de risquer le moindre problème légal pour ça…

Et je ne peux comparer cela à Astérix aux Jeux Olympiques, vu que j’avais fait l’impasse sur cette merde.

1 réflexion sur « Unlucky Puke, la complète »

  1. Juste une précision par rapport à Astérix & Cléopatre. Le film a été un succès phénoménal en France et uniquement en France.

    Ailleurs, il s’est purement et simplement viandé, car justement trop Français et intraduisible.

    L’Astérix en Hispanie du Splendid a été arrêté en pré-production pour éviter un plantage du même ordre.

    Contrairement aux deux autres bouses de la sérié qui étaient produites par et pour le marché international: simplifiées et pleines d’acteurs teutons, rosbifs et ritals dont on n’avait rien à foutre.

    Va pour le talent d’Alain Chabat (et pour la bienveillance de Claude Berri qui le produisait alors et qui l’aimait beaucoup). Mais il ne faut pas taper sur tous les autres réalisateurs qui s’essaient au même exercice, les raisons et contraintes de production (rentabiliser le film dans un max de pays européens) étant tout simplement incompatibles avec une approche subtile.

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