Usine à gaz 1.0

Dans mon esprit – tordu, complètement dégénéré et à côté de la plaque –, une usine à gaz, c’est une application / un système tellement mal conçu(e) qu’elle / il :
–    n’accomplira jamais tout ce qui était prévu au départ ;
–    est impossible à maintenir, ou à grands coups de développements coûteux ;
–    qui aura des périodes d’indisponibilités fréquentes ;
–    qui sera extrêmement difficile à exploiter ;
–    et, au final, ne conviendra pas aux utilisateurs.

Là, au boulot, je suis malheureusement en train de bosser – le flingue sur la tempe – sur le genre de projet qui amène à produire une usine à gaz. Voire même, vu la catastrophe à laquelle cela va mener, une véritable aberration cosmique.
Qu’est ce qui me fait dire ça :
–    La technologie qui change en cours de projet. On passe d’une techno Windows / SQL Server à une techno AIX / Oracle. Quand vous connaissez bien le premier mais pas le deuxième, il y a un malaise. Quand chez le client, on ne maîtrise pas non plus AIX / Oracle, il y a vraiment un très gros malaise.
–    Le cahier des charges contient tout et n’importe quoi. Le client ne sait pas encore au final ce qu’il veut exactement. Chaque semaine, il invente quelque chose de nouveau. Chaque semaine, il faut lui dire : « Non. C’est trop tard », « Non, on ne sait pas faire », « Non, c’est conceptuellement faux dès le départ ! ».
–    Pas de spécifications détaillées. Quand vous demandez les informations nécessaires pour faire le dimensionnement et les caractéristiques des environnements devant héberger le bouzin, on vous répond « Faut deviner ».
–    Etc…

Bref, ce genre de projet, c’est une catastrophe qui arrive puissance 10.000. Surtout quand la direction informatique annonce des délais déments aux utilisateurs.

Aujourd’hui, j’ai découvert une autre usine à gaz qui va arriver. Par contre, celle-là, je suis heureux de la voir.
Il s’agit du système informatique qui sera derrière la Commission de Protection des Droits, créée par l’infâme loi HADOPIpicaca.
Je suis tombé sur le cahier des charges (http://www.numerama.com/media/HadopiCCTP.pdf) du prototype de ce système qui a été communiqué pour l’appel d’offres pour sa réalisation. Commence dire ? Bonne chance aux malheureux qui seront retenus lors de cet appel d’offres.
–    Il s’agit clairement d’une usine à gaz.
–    Rien n’est clair.
–    Les délais sont… HAHAHAHAHAHAHAHAHAHA…
Bref, citoyens, passez votre chemin, il n’y a rien à voir. HADOPI devrait déjà avoir du mal à passer le Conseil Constitutionnel – ou alors il va falloir sortir les cocktails molotov et les kalashs pour rappeler certains principes républicains et démocratiques à nos bien-aimés dirigeants –, et devrait avoir encore plus de mal à être appliquée, vu le système de traitement imaginé par le Ministère de l’Inculture Crasse et de la Soumission aux Lobbies.

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